L'Illusion...

Publié le 26 août 2026 à 09 h 58

Il y a des périodes dans une vie où quelque chose change.

Pas seulement autour de nous.

En nous.

En ce moment, beaucoup de choses tombent dans ma vie. Des façons de me définir, des certitudes, des rôles, des mots que j’avais choisis pour expliquer qui j’étais.

Et au milieu de tout cela, une réalisation m’est apparue :

Je croyais avoir retiré mes masques. Peut-être que certains avaient simplement changé de forme.

Pendant longtemps, j’ai cherché à comprendre qui j’étais.

J’ai porté des rôles, des responsabilités, des attentes. J’ai été forte. J’ai voulu tenir, aider, comprendre, prévoir. Et lorsque j’ai commencé à enlever certaines de ces couches, j’ai trouvé d’autres mots pour me définir.

Ces mots ont été importants.

Ils m’ont permis d’assumer des parts de moi que j’avais longtemps cachées. Ils ont fait partie de mon histoire et je ne renie rien de ce chemin.

Mais aujourd’hui, quelque chose change encore.

Je ressens moins le besoin de me définir.

Comme si la vie me demandait :

Et si tu n’avais plus besoin d’un titre pour être toi?

Depuis mon accident, je suis confrontée à quelque chose qui n’a jamais été facile pour moi : ne plus contrôler.

Je ne contrôle plus mon corps comme avant.
Je ne contrôle plus mon travail.
Je ne contrôle plus mon horaire.
Je ne contrôle plus la vitesse à laquelle les choses vont avancer.

Je peux essayer de prévoir la suite, de comprendre pourquoi, de chercher ce que tout cela veut dire…

Ou je peux reconnaître une chose très simple :

Je ne contrôle pas tout.

Et étrangement, au milieu de cette vulnérabilité, quelque chose en moi s’abandonne.

J’ai toujours eu Jésus dans mon cœur. Ma foi en Dieu n’est pas née avec cet accident.

Mais aujourd’hui, je sens que je leur laisse encore davantage de place.

Je vois cette image en moi : je m’agenouille devant Jésus.

Pas parce que je suis vaincue.

Parce que je n’ai plus besoin de tout porter.

Je peux déposer.

Je peux dire : Je ne sais pas ce qui vient maintenant. Montre-moi la suite.

Et peut-être que, pour moi, la foi devient de plus en plus cela.

Non pas chercher à tout comprendre.

Non pas demander à Dieu de faire arriver exactement ce que j’avais prévu.

Mais accepter de marcher sans connaître tout le chemin.

La situation aurait pu être pire.

Elle aurait aussi pu être moins grave.

Mais aujourd’hui, elle est ce qu’elle est.

Et pour la première fois peut-être, je ne veux pas me battre contre cette réalité.

J’accepte et j’accueille.

Je remercie Dieu d’être là.

Je remercie la vie d’être encore là.

Et je regarde ce qui reste lorsque je ne peux plus m’accrocher à tout ce que je faisais, à tout ce que je contrôlais ou même à tous les mots avec lesquels je me définissais.

Il reste moi.

Simplement moi.

Un être entier. Une femme avec son histoire, ses contradictions, ses blessures, ses forces, sa sensibilité, sa créativité et un cœur qui essaie de rester ouvert.

Je transforme actuellement mon site, mes mots, ma façon de présenter ce que je fais. Mais je comprends que les véritables changements ne sont pas sur ces pages.

Ils sont en moi.

Je ne veux pas remplacer une ancienne étiquette par une nouvelle.

Je ne veux même plus avoir besoin de savoir exactement ce que je deviendrai après tout cela.

Je veux laisser de l’espace.

À la vie.

À Dieu.

À Jésus.

Et à cette femme qui apparaît tranquillement lorsque tout ce qu’elle croyait devoir être commence à tomber.

Peut-être que renaître à soi, finalement, ce n’est pas toujours ajouter quelque chose.

Parfois, c’est enlever.

Déposer.

S’abandonner.

Et avoir suffisamment confiance pour dire :

Je ne connais pas la suite.
Mais aujourd’hui, je n’ai plus besoin de la contrôler.

 

Amour et lumière 🤍