Il y a des moments où avoir la foi semble facile.
Lorsque tout s’aligne, que les portes s’ouvrent, que le cœur est léger et que l’on ressent cette présence invisible, nous accompagner, croire devient presque naturel.
Et puis il y a les autres moments.
Ceux où la vie nous arrête brusquement.
Ceux où notre corps dit stop.
Ceux où nos plans doivent soudainement être remis en question.
Ceux où une parole reçue vient toucher une blessure, provoquer une réaction ou nous amener à regarder encore plus profondément en nous.
C’est précisément là que, pour moi, la foi prend tout son sens.
Ces derniers jours, la vie m’a rappelé à quel point tout peut changer en quelques secondes. Une chute, une blessure, une douleur… et soudainement, ce qui semblait prévu devient incertain.
Mes projets sont toujours là.
Mes élans sont toujours là.
Mon cœur sait toujours ce qu’il aime créer.
Mais mon corps, lui, m’impose un autre rythme.
Et ce matin, ma foi a été touchée d’une autre façon.
J’ai reçu un courriel d’un pasteur avec qui j’avais communiqué afin d’en apprendre davantage sur un parcours vers Jésus.
En lisant ses mots, je me suis sentie jugée.
Cela m’a blessée.
Et presque aussitôt, j’ai remarqué qu’une autre réaction naissait en moi : à mon tour, je le jugeais.
Je me suis demandé comment quelqu’un qui prêche la parole de Jésus pouvait porter un regard que je ressentais comme un jugement.
Puis quelque chose en moi s’est adouci.
J’ai essayé de regarder au-delà de ma blessure.
De reconnaître que, derrière certains mots peuvent aussi se cacher la peur, l’incompréhension, les croyances ou simplement notre humanité.
Et surtout, j’ai compris que je ne voulais pas laisser cette expérience m’éloigner de Dieu.
Ma relation avec Dieu ne dépend pas du regard qu’un autre être humain porte sur moi.
Ma foi est plus grande que ça!
Un peu plus tard, j’ai ouvert mon livre Un moment avec Jésus.
À la date d’aujourd’hui se trouvait ce passage :
« Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. » — Jacques 4:8
Je suis ensuite allée le lire dans ma Bible.
Et ces mots sont venus me rejoindre profondément.
Non pas comme une réponse qui effaçait ce que je venais de ressentir.
Mais comme un rappel.
Reviens vers Moi.
Au-delà des opinions.
Au-delà des jugements.
Au-delà de la peur.
Au-delà même de mes propres réactions.
Revenir vers Dieu.
Alors peut-être que la foi, ce n’est pas toujours comprendre.
Peut-être que la foi, c’est pouvoir dire :
« Je ne comprends pas encore… mais je fais confiance. »
Il y a quelques jours à peine, je vivais des moments d’une immense lumière. J’ai ressenti profondément l’amour du Divin. J’ai revisité certaines parties de mon histoire avec un autre regard. J’ai pu voir de l’amour là où, autrefois, je voyais surtout des blessures.
Et aujourd’hui, cette même foi est appelée à vivre autrement.
Dans la douleur physique.
Dans l’incertitude.
Dans les décisions.
Dans mes relations.
Et même lorsque je me sens incomprise ou jugée.
Je réalise de plus en plus que ma foi n’est pas quelque chose que je pratique seulement lorsque je ressens Dieu près de moi.
Ma foi est aussi cette petite lumière qui demeure lorsque je ne vois plus très loin devant moi.
Elle ne m’empêche pas d’avoir peur.
Elle ne m’empêche pas de cogiter.
Elle ne m’empêche pas d’être blessée.
Elle ne m’empêche même pas d’avoir parfois des réactions humaines.
Mais elle m’invite toujours à revenir.
À revenir au cœur.
À revenir à l’amour.
À revenir à Dieu.
Aujourd’hui, je ne demande plus nécessairement à la vie de me montrer toute la route.
Je lui demande de m’éclairer sur le prochain pas.
Un seul.
Et parfois, ce prochain pas est simplement de me reposer.
D’écouter mon corps.
De ne pas forcer.
De pardonner.
De regarder au-delà d’une parole qui m’a blessée.
Ou simplement de m’approcher encore un peu plus de Dieu.
J’apprends que la foi est aussi une forme d’abandon.
Non pas abandonner ses rêves.
Mais abandonner l’idée que tout doit se dérouler exactement comme nous l’avions imaginé.
Et peut-être aussi abandonner le besoin que tout le monde comprenne notre chemin.
Je crois profondément que certaines épreuves ne viennent pas toujours nous enlever quelque chose.
Elles peuvent aussi nous replacer.
Nous réaligner.
Nous montrer ce qui tient encore debout lorsque tout le reste vacille.
Et aujourd’hui, malgré mes questions, quelque chose tient profondément debout en moi :
Ma foi!
Cette confiance que je ne marche pas seule.
Que le regard d’un autre ne définit pas ma relation avec Dieu.
Que même lorsque je ne comprends pas le détour, la lumière demeure.
Peut-être que renaître à soi, c’est aussi cela.
Continuer à avancer sans connaître toute la suite.
Écouter.
Ressentir.
Aimer.
Faire confiance.
Et revenir encore et encore vers Celui qui, pour moi, est amour.
« Approchez-vous de Dieu, et il s’approchera de vous. » — Jacques 4:8
Je vous aime 💜