Et si ton corps était ton plus grand messager

Publié le 6 août 2026 à 11 h 21

Pendant des années, j'ai cru que mon corps était quelque chose que je devais contrôler.

Contrôler ce que je mangeais.
Contrôler mon poids.
Contrôler mon apparence.
Contrôler chaque calorie qui entrait dans mon corps.

J'ai vécu avec l'anorexie et la boulimie pendant des années.

Je m'étais imposé une limite : 1 800 calories par jour. Et lorsque je dépassais ce chiffre que j'avais moi-même décidé acceptable, je devais « réparer » ce que j'avais fait.

Alors je me purgeais. Je prenais des laxatifs. Je m'entraînais de façon excessive.

Je faisais souffrir mon corps en croyant que je prenais soin de lui.

Avec le recul, je réalise à quel point j'étais déconnectée de lui.

Je ne lui demandais jamais :
De quoi as-tu besoin aujourd'hui?

Je lui imposais plutôt :
Voici ce que tu as le droit d'avoir. Voici à quoi tu dois ressembler.

Mon corps n'était pas mon allié. Il était devenu quelque chose à maîtriser.

Et si je vous en parle aujourd'hui, c'est parce que ma relation avec lui a profondément changé.

Mon corps n'est plus mon ennemi

Aujourd'hui, je vois mon corps comme mon temple.

Pas un temple qui doit être parfait.
Un temple que j'habite.

Je comprends maintenant qu'il me parle constamment.

Parfois, il me demande de bouger.
Parfois, de dormir.
Parfois, de manger davantage.
Parfois, de ralentir.

Il me parle par la fatigue, par la faim, par les tensions, par cette sensation intérieure qui me dit que quelque chose ne me convient plus.

Et j'apprends encore à l'écouter.

Parce qu'écouter son corps ne veut pas dire qu'on comprend toujours immédiatement ce qu'il essaie de nous dire.

Ça veut simplement dire qu'au lieu de le combattre, on commence à devenir curieux de lui.

Qu'est-ce que tu essaies de me dire?

Nous avons appris à faire taire nos corps

Nous vivons dans un monde où nous sommes souvent encouragés à dépasser nos limites.

Tu es fatigué? Continue.

Tu as besoin de repos? Tu te reposeras plus tard.

Ton corps change? Contrôle ton alimentation.

Tu n'es pas productif aujourd'hui? Force-toi un peu.

Mais jusqu'où peut-on aller en faisant constamment taire ce qui se passe à l'intérieur de nous?

Mon parcours m'a appris quelque chose d'essentiel :

Mon corps n'est pas contre moi.

Il essaie de communiquer avec moi.

Aujourd'hui, lorsque mon corps me demande du repos, j'essaie de ne plus automatiquement y voir de la paresse.

Lorsque j'ai faim, je ne compte plus chaque calorie.

Lorsque j'ai besoin de bouger, je peux le faire pour le plaisir de sentir mon corps vivant plutôt que pour le punir de ce que j'ai mangé.

Quelle différence.

Passer du contrôle à l'écoute

Pendant longtemps, j'ai voulu contrôler mon corps.

Aujourd'hui, j'apprends à collaborer avec lui.

Et je crois que c'est probablement l'un des plus beaux changements de ma vie.

Parce que mon corps a traversé toute mon histoire avec moi.

Il a porté mes enfants.
Il a traversé mes tempêtes.
Il m'a accompagnée dans mes joies, mes peurs, mes deuils, mes recommencements.

Même lorsque je ne l'écoutais pas, il était là.

Alors aujourd'hui, j'ai envie de lui offrir autre chose.

Du respect.

De l'écoute.

De la douceur.

Et surtout, de la gratitude.

Peut-être que renaître à soi, c'est aussi ça.

Arrêter de considérer notre corps comme quelque chose que nous devons constamment corriger…

et commencer à l'habiter.

Alors aujourd'hui, j'ai envie de te laisser avec une question :

Et si ton corps n'était pas ton ennemi?

Et s'il était, depuis toujours, ton plus grand messager?

Peut-être qu'aujourd'hui, au lieu de lui demander de se taire, tu pourrais simplement lui demander :

Qu'est-ce que tu essaies de me dire?